Dataviz - Présence des ongulés sauvages en France

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Office français de la biodiversité (OFB)
Éditeur(s)
Office français de la biodiversité (OFB)
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Dataviz
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Application, dataviz et autres outils web
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La présence de plus en plus visible des ongulés sauvages dans les forêts et montagnes françaises suscite des questions et des débats. Face à la méconnaissance de ces espèces par une grande part de la population et afin de partager les connaissances acquises depuis plusieurs décennies sur les espèces présentes en France, l’OFB publie cette Dataviz pour apporter des informations sur leur répartition, l’évolution de leur zone de présence et les données de chasse dans l’hexagone. 

22 espèces d’ongulés sauvages aux statuts variés

La France compte 22 espèces d’ongulés sauvages : 13 dans l’hexagone et 9 en outre-mer (voir infographie interactive).
Elles sont réparties dans différents sous-groupes :

  • les ruminants, à 2 doigts :
    • les cervidés, qui portent des bois : Cerf élaphe, Chevreuil, Daim, Cerf sika, Muntjac, Cerf de Java, Renne, Cerf de Virginie, Biche des palétuviers, Daguets gris et rouge,
    • les bovidés, qui portent des cornes : Chamois, Isard, Bouquetins des Alpes et ibérique, Mouflons méditerranéen, de Corse et à manchettes ;
  • les suiformes, à 4 doigts :
    • les suidés : Sanglier,
    • les tayassuidés : Pécaris à collier et à lèvres blanches ;
  • les tapiridés qui ont 3 doigts : Tapir terrestre.

Les ongulés en France

Les ongulés sont des mammifères herbivores pourvus de sabots. Ils peuvent être classés selon leur nombre de doigts.

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Détermination des groupes d'ongulés de France (infographie, OFB)

Découvrez les 22 espèces via l'infographie interactive

Mouflon de CorseSanglierChevreuilBouquetin ibériqueCerf élapheChamoisIsardMuntjacBouquetin des AlpesCerf sikaDaimMouflon méditeranéenMouflon à manchettesBiche des palétuviersPécari à collierCerf de JavaRenneDaguet grisTapir terrestreDaguet rougePécari à lèvres blanches Cerf de Virginie
 

Des statuts de protection ou de réglementation divers et parfois superposés

Les statuts de protection ou de réglementation de ces espèces sont divers et certaines espèces cumulent différents statuts (incluant celui selon la liste rouge nationale de l’UICN) :

  • protégées : Bouquetin ibérique (En danger), Biche des palétuviers (Vulnérable), Bouquetin des Alpes* (Quasi menacée), Mouflon de Corse* (Non applicable),
    *Arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés sur l'ensemble du territoire et les modalités de leur protection,
  • chassées : 8 espèces concernées dans l'hexagone par l’arrêté du 26 juin 1987 fixant la liste des espèces de gibier dont la chasse est autorisée,
  • nuisibles : Sanglier.
    À l’échelle départementale, le préfet peut décider du caractère nuisible de certaines espèces, dont le Sanglier (arrêté du 3 avril 2012 pris pour l'application de l'article R. 427-6 du code de l'environnement et fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des animaux d'espèces susceptibles d'être classées nuisibles par arrêté du préfet),
  • exotiques, plusieurs espèces ayant été introduites : Mouflon à manchettes, Renne…,
  • exotiques envahissantes : Cerf sika, Muntjac, selon l’arrêté du 14 février 2018 relatif à la prévention de l'introduction et de la propagation des espèces animales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain,
  • réintroduites dans le cadre de programmes de réintroduction ou de renforcement, pour lesquels des lâchers de certaines espèces emblématiques sont réalisés ponctuellement : Bouquetin ibérique, Mouflon de Corse.

Outre-mer : 9 espèces d’ongulés sauvages sont présentes sur différents territoires

6 espèces en Guyane

1 à La Réunion et en Nouvelle-Calédonie

  • Le Cerf de Java : bien que classé vulnérable dans son aire de répartition d’origine, c’est une espèce exotique envahissante dans les îles françaises, impliquant des stratégies de lutte à La Réunion et en Nouvelle-Calédonie.

1 à Saint-Pierre-et-Miquelon

  • Le Cerf de Virginie, introduit dans les îles de Saint-Pierre-et-Miquelon, exerce une pression forte et compromet la régénération naturelle de la forêt boréale.

1 dans les Terres australes et antarctiques françaises

  • Le Renne a été introduit dans les îles Kerguelen et participe à la dégradation des écosystèmes terrestres originels, en particulier les lichens.

Étudier les espèces sauvages à travers différentes sources d’information

Des suivis réalisés dans l’hexagone par un réseau structuré depuis 1985

Le réseau Ongulés sauvages assure depuis plus de 40 ans le suivi des 13 espèces d’ongulés sauvages présentes dans l’hexagone. Ce réseau coordonné par l’OFB repose sur un partenariat avec la fédération nationale des chasseurs (FNC) et l’ensemble des fédérations départementales des chasseurs (FDC). Il réalise :

  • des enquêtes de répartition tous les 5 ans sur tous les ongulés sauvages de France hexagonale, à l’exception du Sanglier et du Chevreuil dont la distribution est quasi continue sur le territoire. L’objectif est de mettre à jour de façon régulière les cartes de présence des différentes espèces suivies, et d’associer à chaque zone de présence des informations concernant l’état de la population,
  • des enquêtes cynégétiques visant à compiler chaque année les données des prélèvements effectués pour toutes les espèces chassables au sein de chaque département.

L’ensemble des données récoltées permet ainsi de mesurer de façon régulière de nombreuses variables : aires de présence, évolution des prélèvements, méthode de suivis, état de santé des populations d’ongulés sauvages en France hexagonale.

Des données cynégétiques

Selon l’arrêté de 1987 fixant la liste des 90 espèces de gibier dont la chasse est autorisée en France, 8 ongulés sont chassables : Sanglier, Chevreuil, Cerf élaphe, Cerf sika, Chamois, Isard, Mouflon méditerranéen, Daim.

Plan de chasse

Dans un souci de gestion optimale des populations de gibier, de conciliation des intérêts agricoles, sylvicoles et cynégétiques, et de préservation de la biodiversité, la notion de plan de chasse a été mise en place dès 1978 et s’est progressivement généralisés à l’ensemble des espèces d’ongulés chassable. Actuellement seuls le Sanglier et le Cerf sika ne sont pas soumis à un plan de chasse de façon obligatoire.
Pour chacune des espèces de grand gibier soumises à un plan de chasse, le Préfet fixe, après avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage, des objectifs qualitatifs (sexe-ratio, âge-ratio, périodes, etc.) et/ou quantitatifs (minimum, maximum, etc.)  à respecter dans l’ensemble du département ou par grandes zones (massif, unités de gestion, etc.).

  • Pour les espèces de gibier qui y sont soumises, le plan de chasse fixe un nombre maximal d’individus pouvant être prélevés (parfois aussi un nombre minimal d’animaux à prélever) : ce sont les données d’attribution. Elles sont fixées à l’échelle départementale mais peuvent être déclinées pour chaque détenteur et/ou chaque territoire de chasse et tendent à assurer le développement durable des populations de gibier tout en en préserver leurs habitats.
  • Les chasseurs transmettent ensuite les informations relatives aux prélèvements réalisés aux fédérations départementales des chasseurs (FDC), qui les font ensuite parvenir au réseau qui en assure la compilation et la validation.

Tableau de chasse

Le tableau de chasse désigne communément le nombre d’animaux tués à la chasse (et lors des opérations de destruction ou de régulations administratives) sur une zone et une saison donnée.

À noter

  • Dans cette dataviz seules les données en nature, c’est-à-dire hors parcs et enclos de chasse, ont été prises en compte.
  • Les données des tableaux de chasse ne sont pas véritablement corrélées à l’abondance car les prélèvements dépendent de l’effort de chasse, qui est lui-même influencé par différents facteurs tels que le nombre de chasseurs, la météo, l’habitat, les contraintes administratives et réglementaires, etc. Cependant, la taille des populations d’ongulés étant quasiment impossible à évaluer en nature, la connaissance issue des tableaux de chasse est en général la seule variable disponible à grande échelle pour évaluer sur les moyen et long termes les tendances d’abondance de ces animaux.

Mesures de régulation

La régulation des ongulés est liée aux dommages sur les activités humaines : dégâts agricoles, forestiers, collisions avec les véhicules, problèmes sanitaires tels que la peste porcine, la brucellose, nuisant aux activités d’élevage d’animaux domestiques.
Toutes les espèces peuvent également faire l’objet de mesures de destructions administratives, notamment le Sanglier et les espèces introduites (Muntjac, Mouflon à manchette).

La Dataviz

Cette publication dans la collection Dataviz se structure autour de 5 datavisualisations dynamiques accompagnées de leurs éléments d’interprétation.

Au sommaire

1. Une répartition des espèces contrastée
2. Une coexistence très variable et en hausse des espèces d’ongulés
3. Des surfaces de répartition qui ne cessent de s'étendre
4. Prélèvements par départements en 2021
5. Évolution des tableaux de chasse nationaux : des prélèvements en hausse

À noter

Les éléments suivants portent exclusivement sur les espèces de l’hexagone. En outre-mer, les espèces d’ongulés sauvages sont étudiées avec des protocoles différents de ceux utilisés pour suivre les espèces hexagonales, et varient aussi entre territoires d’outre-mer. Les résultats disponibles ne permettent pas de compiler de façon homogène des données comparables aux échelles considérées ici.


1. Une répartition des espèces contrastée

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Cette première datavisualisation montre la répartition des 13 espèces d’ongulés sauvages dans l’hexagone, 3 typologies de distribution sont observées.

    Répartition du
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    Des espèces exotiques

    La répartition des 3 espèces introduites dans l’hexagone découle de leur histoire (mode d’introduction) et de leur écologie.

    • Le Mouflon à manchettes : originaire d’Afrique du Nord, une petite population à l’état libre dans le milieu naturel est actuellement localisée sur la montagne Sainte-Victoire. Sa présence résulte de quelques individus échappés d’un domaine privé dans les années 1980.
    • Le Muntjac : originaire d’Asie, l’espèce s’est échappée d’élevages et est présente dans quelques départements de la région Centre-Val-de-Loire. L’espèce peut causer d’importants dommages d’abroutissement (broutement de bourgeons, de pousses, de feuilles de buissons et d'arbres), et a été inscrite en 2016 sur la première liste des espèces préoccupantes pour l’Union européenne (RUE 2016/1141), justifiant les mesures nécessaires à son retrait du milieu naturel.
    • Le Cerf sika : les individus introduits en France dès le 19e siècle proviennent du Japon. Des animaux se sont échappés de captivité (notamment d’un parc de Rambouillet) et ont fait souche sur le territoire. Sa présence est surtout appréhendée en raison du phénomène d’hybridation avec le Cerf élaphe : les deux espèces pouvant sous certaines conditions s’accoupler et produire des descendants fertiles (Cf. cadre).
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    Des espèces communes

    • 3 espèces sont présentes sur la quasi-totalité du territoire hexagonal : Cerf élaphe, Chevreuil, Sanglier.
    • Une 4e l’est de manière plus éparse : le Daim est également observé dans toutes les régions, mais sur des zones réduites et non connectées, c’est une espèce à habitats morcelés. Bien que présente il y a plusieurs milliers d’années, elle a ensuite disparue et sa présence actuelle est due à des introductions volontaires et accidentelles.  

    Des espèces de montagne

    6 espèces sont présentes principalement dans les massifs montagneux.

    • Chamois : Alpes, Jura, Vosges et Massif central
    • Bouquetin des Alpes : Alpes
    • Isard : Pyrénées
    • Bouquetin ibérique : Pyrénées
    • Mouflon méditerranéen : plus sporadiquement Alpes, Massif central, Pyrénées
    • Mouflon de Corse : Corse

    À noter

    • Les données utilisées sont celles de l’année la plus récente disponible au moment de la création de cette dataviz : 2018 pour Cerf sika et Daim, 2020 pour Muntjac et Mouflon à manchette, 2021 pour Cerf élaphe et 2022 pour les ongulés de montagne.
    • picto camenbert petrole
       Les cartes de répartition des 3 espèces les plus communes (Sanglier, Chevreuil, Cerf élaphe) ne permettent pas de visualiser de manière dynamique les communes occupées, mais celles-ci sont lisibles sur le fond de carte en zoomant.

    Des espèces exotiques

    La répartition des 3 espèces introduites dans l’hexagone découle de leur histoire (mode d’introduction) et de leur écologie.

    • Le Mouflon à manchettes : originaire d’Afrique du Nord, une petite population à l’état libre dans le milieu naturel est actuellement localisée sur la montagne Sainte-Victoire. Sa présence résulte de quelques individus échappés d’un domaine privé dans les années 1980.
    • Le Muntjac : originaire d’Asie, l’espèce s’est échappée d’élevages et est présente dans quelques départements de la région Centre-Val-de-Loire. L’espèce peut causer d’importants dommages d’abroutissement (broutement de bourgeons, de pousses, de feuilles de buissons et d'arbres), et a été inscrite en 2016 sur la première liste des espèces préoccupantes pour l’Union européenne (RUE 2016/1141), justifiant les mesures nécessaires à son retrait du milieu naturel.
    • Le Cerf sika : les individus introduits en France dès le 19e siècle proviennent du Japon. Des animaux se sont échappés de captivité (notamment d’un parc de Rambouillet) et ont fait souche sur le territoire. Sa présence est surtout appréhendée en raison du phénomène d’hybridation avec le Cerf élaphe : les deux espèces pouvant sous certaines conditions s’accoupler et produire des descendants fertiles (Cf. cadre).
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    Cerfs sika mâle et femelle à Rambouillet (Audrey Poiteaux-Gandossi, OFB)

    Un exemple d’hybridation : entre le Cerf élaphe et le Cerf sika

    Le Cerf sika est une espèce d’ongulé d’Asie dont la distribution passée et actuelle en France est étroitement liée à sa captivité en tant qu’espèce d’agrément, espèce gibier (en enclos de chasse) ou comme animal élevé pour sa viande. Rappelons que le Cerf élaphe est une espèce native, c’est-à-dire naturellement originaire de France.

    Dans des populations où les deux espèces sont présentes, dans certaines conditions rares, il est possible que des mâles sikas puissent féconder de jeunes femelles élaphes et produire des faons fertiles qui peuvent eux-mêmes avoir une descendance fertile. Le rétrocroisement avec d’autres cerfs élaphes engendre alors une introgression de quelques gènes de Cerf sika dans les populations de Cerf élaphe.

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    Cerf élaphe mâle (Stéphane Beillard, OFB)

    Il s’agit du phénomène d’hybridation entre ces deux espèces de cerfs, induisant une pollution génétique de l’espèce locale (lire article de la revue Faune sauvage, n°321).

    D’après une étude réalisée en 2021, basée sur l’analyse génétique d’échantillons de tissus de Cerf élaphe prélevés dans des zones où les deux espèces ont pu être en contact, il apparaîtrait que 39 % des animaux ciblés présentent des traces d’introgression passée de gènes de Cerf sika dans le génome des cerfs élaphes français. Une étude est actuellement en cours pour préciser la validation de ces données et mieux comprendre ce phénomène en France.


    2. Une coexistence très variable et en hausse des espèces d’ongulés

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    Dans cette 2e datavisualisation, le nombre d’espèces présentes par commune est évalué sur deux périodes (2004-2007 et 2016-2021) et s’échelonne entre 0 et 7, le maximum observé.

    Périodes ancienne et récente
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    Le nombre d’espèces qui coexistent tend à augmenter

    La carte d’évolution, présentant la différence entre les périodes récente et ancienne, montre majoritairement des territoires à valeurs positives. Les espèces communes tendent à monter de plus en plus haut en altitude, tandis que les espèces dites de montagne tendent parfois à coloniser des secteurs de plus basses altitudes.

    La superposition du nombre d’espèces s’accompagne le plus souvent d’une augmentation des effectifs. De ce fait, la pression de ces animaux devient de plus en plus forte sur les milieux naturels et les activités humaines (collisions, dégâts aux cultures, etc.), avec d’éventuels impacts sur la faune sauvage ou domestique (hybridation, épizootie (maladie qui frappe simultanément un grand nombre d'animaux), etc.).

    En 2022, données les plus récentes

    • 2 % du territoire n’accueillait aucune espèce d’ongulés (les espaces urbanisés, quelques secteurs du nord de la France et du pourtour méditerranéen),
    • 93 % comptait de 1 à 3 espèces, le plus souvent Cerf élaphe, Chevreuil et/ou Sanglier,
    • 5 % du territoire en abritait au moins 4.

    Sur quelques zones aux altitudes comprises entre 500 et 1000 mètres environ (en Oisans, dans les Préalpes de Grasse, sur le massif de la Sainte Victoire), 7 espèces peuvent être présentes simultanément.
    Ainsi, les plus importantes superpositions d’espèces sont principalement observées dans les régions montagneuses (Alpes, Pyrénées, Jura et Vosges), avec à la fois les espèces communes (Cerf élaphe, Chevreuil et Sanglier) et les espèces dites de montagne (Chamois, Isard, bouquetins et mouflons).


    3. Des surfaces de répartition qui ne cessent de s’étendre

    Cette 3e datavisualisation présente l'évolution des surfaces de répartition des ongulés sauvages, qui fait l’objet de suivis tous les 5 ans par un vaste réseau d’experts gestionnaires et scientifiques (voir Source des données).

     

    Cliquez sur les noms des espèces pour les masquer/afficher. Double-cliquez pour n'afficher qu'une espèce.

      À noter

      • Les périodes disponibles sont variables selon les espèces du fait de l’historique de ces suivis. Muntjac et Mouflon à manchettes n’en bénéficient pas et ne sont donc pas représentés.
      • Attention, le graphique est affiché selon une échelle logarithmique, les graduations de l’axe des ordonnées (aire de répartition) sont donc de plus en plus grandes. Cela permet de visualiser sur un même graphique des espèces avec des ordres de grandeur très différents.

      Les surfaces des territoires occupés sont très disparates selon les espèces

      • Le Chevreuil et le Sanglier occupent environ 500 000 km² en France, soit 78 % du territoire hexagonal.
      • Tandis que d’autres espèces s’étendent sur moins de 1 000 km², soit moins de 0,2 % du territoire français : Bouquetin ibérique, Mouflon de Corse.
      • Entre ces 2 extrêmes se situent le Cerf élaphe (200 000 km², 31 %), le Chamois (25 000 km², 4 %), le Daim (10 000 km², 1,6 %) et les autres espèces (entre 2 000 et 5 000 km², de 0,3 à 1 % du territoire).

      Toutes les espèces voient leur surface d’occupation augmenter

      • 6 d’entre elles connaissent au minimum un doublement de leur aire de présence en 30 ans : Bouquetin des Alpes +101 %, Cerf Sika +128 %, Sanglier +144 %, Cerf élaphe +164 % et Daim, pour qui l’aire a été multipliée par 6. L’augmentation de la surface occupée par le Bouquetin ibérique (+135 % en 6 ans) peut s’expliquer par les lâchers réalisés entre 2017 et 2022.
      • Les hausses les plus modérées concernent les autres espèces : Chevreuil +28 %, Isard et Mouflon de Corse + 30 %, Mouflon méditerranéen +40 % et Chamois +69 %.
      • Il n’y a pas de corrélation apparente avec le classement en 3 groupes de répartition (communes, montagne, exotiques, voir partie 1).
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      Bouquetins ibériques (Stanislas Wroza)

      La disparition du Bouquetin des Pyrénées et l'introduction du Bouquetin ibérique

      Le Bouquetin des Pyrénées (Capra pyrenaica pyrenaica) est l'une des 4 sous-espèces du Bouquetin ibérique (Capra pyrenaica). Le dernier présent sur le versant français des Pyrénées a disparu en 1910, en vallée de Cauterets dans le Parc national des Pyrénées. Il restait alors des individus en Espagne. Elle s'est éteinte officiellement en 2000.

      Depuis 2014, 148 bouquetins ibériques en provenance de la Sierra de Guadarrama près de Madrid (Espagne) on été réintroduits dans le Parc national des Pyrénées. Suite à de nombreuses naissances, la population 2021 est estimée à 280 individus. L'espèce est protégée en France et chassable en Espagne.


      4. Prélèvements par départements en 2021

      Cette datavisualisation porte sur les données de prélèvements issues des tableaux de chasse au cours de la saison cynégétique 2021-2022.

      Prélèvements par département en 2021
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      À noter

      • La carte affichée par défaut présente les prélèvements cumulés par départements des 8 espèces chassables.
      • Cette carte affiche des données brutes et ne prend pas en compte la surface du département, le nombre de chasseurs, le taux de ruralité, le nombre d’espèces présentes, pouvant constituer des biais d’interprétation.

      Les prélèvements cumulés départementaux les plus élevés sont situés dans :

      • le centre et le quart nord-est de l'hexagone : Loir-et-Cher (46 770 animaux), Moselle (42 171), Bas-Rhin (38 699), Cher (37 292),
      • et dans une moindre mesure le Sud-ouest : Dordogne (33 807), Landes (30 841), jusqu’au Gard (28 765).

      Les départements avec les prélèvements les plus bas sont situés dans un grand quart nord-ouest de l'hexagone, avec un minimum de 20 600 prélèvements pour le Finistère.

      Chiffres-clés : prélèvement départemental le plus élevé pour chaque espèce en 2021

      • 31 638 sangliers dans le Loir-et-Cher
      • 16 842 chevreuils en Moselle
      • 2 850 cerfs élaphes en Indre-et-Loire
      • 2 509 chamois en Savoie
      • 764 isards dans les Pyrénées orientales
      • 585 mouflons méditerranéens dans l’Hérault
      • 461 daims dans le Haut-Rhin
      • 66 cerfs sika dans le Loiret.


      5. Évolution des tableaux de chasse nationaux : des prélèvements en hausse

      Ce graphique également lié aux données cynégétiques illustre deux informations sur une période d’une trentaine d’années : les demandes d’attributions et les prélèvements réalisés.

      À noter

      Le Sanglier et le Cerf sika ne font pas l’objet d’un plan de chasse obligatoire.

       

      Une hausse globale des prélèvements qui cache des situations variées

      Globalement, à grande échelle (spatiale et temporelle), les prélèvements sont en hausse générale pour la plupart des espèces de grand gibier, avec une accélération durant la seconde partie des années 1990 et un ralentissement à partir du milieu des années 2000. Toutefois certaines espèces ne suivent pas ce schéma et présentent une baisse sur la période récente (Isard et Mouflon méditerranéen).
      De plus, cette tendance masque de nombreuses disparités entre les espèces et les départements.

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      Sangliers dans un semis maïs cloturé (Philippe Massit, OFB)

      Les prélèvements annuels français moyens sur ces 5 à 10 dernières années sont :

      • 800 000 sangliers,
      • 600 000 chevreuils,
      • 70 000 cerfs élaphes,
      • 12 000 chamois,
      • 2 600 isards,
      • 2 500 mouflons méditerranéens,
      • 1 300 daims,
      • Moins d’une centaine de cerfs sika.

      Ces prélèvements ont été doublés en 20 ans pour les sangliers (400 000 en 2000 à 800 000 en 2020) et les cerfs élaphes (35 000 à 70 000). Pour d’autres espèces, ils sont restés relativement stables sur la période (chamois, isards).

      À retenir

      Le suivi des ongulés sauvages réalisé dans l’hexagone par les fédérations de chasse et l’OFB bénéficie d’un historique particulièrement long. Il permet de présenter l’évolution de la répartition de ces espèces depuis 35 ans, 50 ans pour celle des tableaux de chasse.
      Ces données montrent l’extension globale et quasi continue des aires de répartition des 13 espèces et des plans de chasse. Elle peut traduire une augmentation de la population des ongulés sauvages dans l’hexagone, avec une pression accrue sur certaines activités humaines et sur les écosystèmes.

      Mentions légales : auteurs, contributeurs

      Données

      Base de données du réseau Ongulés sauvages OFB-FNC-FDC

      Auteurs et contributeurs

      Supervision et production des datavisualisations : Julie Guéguen (OFB) / réalisation : 50 A
      Rédaction : Aurélie Barboiron, Clotilde Marcel (OFB)

      Relecture : Guillaume Body, Hélène Ruscassié, Christine Saint-Andrieux (OFB)
      Réalisation des infographies : Olivier Debuf, Romane Tosello, Axel Rissac (OFB)
      Mise en page : Hélène Ruscassié (OFB)
      Coordination de la collection : Clotilde Marcel (OFB)
      Édition : Office français de la biodiversité - OFB

      Aller plus loin

      Sur ce site

      Réseau Ongulés sauvages | Rubrique

      Le réseau a pour but de récolter les informations utiles pour suivre les 14 espèces d’ongulés sauvages présentes en France hexagonale.

      Les fiches de synthèse du suivi des ongulés sauvages | Page éditoriale

      À travers ces 200 fiches, voici la synthèse de près de 35 ans de suivi sur 11 espèces d'ongulés sauvages, en termes de répartition, habitats, actions cynégétiques, méthode et état sanitaire.

      Synthese_suivi_chamois_2016_france

      Données cartographiques de suivi de la répartition des espèces (Carmen) | Page éditoriale

      Le portail cartographique de données faune sauvage (Carmen) met à disposition les cartes dynamiques de répartition des différentes espèces suivies par l'OFB ou dans le cadre de réseaux de suivi de la faune qu'il coordonne. Elles sont réalisées à partir des données diffusables du système d’information géographique OFB.Pour chaque espèce, l'affichage est par défaut sur la dernière année disponible, et permet d'accéder aux années précédentes.

      Carmen_Belette_Accueil2020-08-03.png

      Ongulés infos - Lettre n°25 | Lettre d’information du réseau Ongulés sauvages | février 2023

      Au programme : le bilan des prélèvements d'ongulés saison 2021-2022, une synthèse des enquêtes de répartition du Cerf élaphe et des ongulés de montagne ou encore un rapide bilan concernant l'observatoire de reproduction du sanglier et de la fructification forestière. Publiée plus de 2 ans après la précédente, cette lettre traduit l'aboutissement d'études d'envergure, ainsi que des évolutions techniques ou d'organisation.

      Ongules-infos_2023-02_lettre25_couv.png

      Ongulés infos - Lettre n°24 | Lettre d’information du réseau Ongulés sauvages | février 2020

      Bilan des prélèvements d’ongulés saison 2018-2019, de l’observatoire « reproduction du sangler en lien avec les fructifications forestières » après 4 années de suivi. Présentations de différentes études scientifiques et techniques en cours sur les ongulés sauvages ainsi que de témoignages concernant la mise en place de modes de gestion sur quelques territoires. Mise à jour de la liste des Interlocuteurs techniques du réseau.

      Ongules-infos_2020-02_lettre24_couv

      E Mufre di Corsica - Les Mouflons de Corse - Ovis gmelini musimon var. corsicana - 50 ans de travaux de recherches et d'actions de conservation | Comprendre pour agir | avril 2024

      Ce recueil sur le Mouflon de Corse expose les suivis et les expérimentations menés sur le terrain depuis 5 décennies. Il illustre la diversité des approches, l’évolution des méthodes et les résultats obtenus à travers le temps, et apporte de nouveaux éléments de réponse dans un objectif de conservation. Destiné aux naturalistes, aux gestionnaires d’aires protégées et plus largement à l’ensemble des responsables institutionnels, ce travail s’appuie sur une importante étude bibliographique de la littérature scientifique, rapports d’études,et entretiens d'experts scientifiques.

       CPA2024_Mouflon-Corse_couv.jpg OFB

      Le Plan national d’actions en faveur du Mouflon de Corse | Page éditoriale

      Face à la fragilité des 2 seules populations existantes, un plan national d’actions (PNA) en faveur du Mouflon de Corse va débuter en 2024 pour une période de 10 ans. En mobilisant les différents acteurs concernés en Corse et au-delà, le PNA est un outil opérationnel qui se décline en actions mises en œuvre de manière coordonnée pour la restauration de l’espèce et de son habitat. Il est en cours de rédaction par l’Office français de la biodiversité (OFB), qui assure le suivi de l'espèce depuis près de 50 ans.

      Pose d'un équipement GPS sur un Mouflon de Corse (OFB)

      Articles de la revue Faune sauvage

      Sur les autres site OFB ou d'information publique

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