Alyte accoucheur, Crapaud accoucheur (Alytes obstetricans)

Données du document
Structure(s) autrice(s)
UMS Patrinat
Office français de la biodiversité (OFB)
Éditeur(s)
Office français de la biodiversité (OFB)
Ressource(s)
Collection
Fiches Espèces
Date d'édition
Type
Fiche espèce
Statut de l'espèce
évaluée
protégée
réglementée
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Contenu
Fiche d'identité

Nom

  • Nom latin : Alytes obstetricans (Laurenti, 1768)

Classification : Chordata / Amphibia / Anura / Alytidae

Statut de conservation (liste rouge UICN) :

Statut réglementaire : espèce protégée

Habitat

Généralités

L’Alyte accoucheur vit au sein d’habitats assez diversifiés comme des zones semi-arides, des berges ou des terrains en pente avec la présence de pierres ou de matériaux meubles (éboulis, murets, ruines, sablière…), situés à proximité de points d’eau de types et de qualité très divers avec une végétation éparse. On le retrouve également dans une vaste diversité d’habitats peu végétalisés naturels ou parfois anthropisés (landes, pelouses, tourbières, cultures…). Les habitats aquatiques utilisés peuvent aller des rivières et cours d’eau à écoulement lent jusqu’aux étangs et mares de petite taille. L’Alyte accoucheur apprécie particulièrement les lieux bien ensoleillés et plutôt chauds. On le retrouve jusqu’à des altitudes assez élevées (plus de 2 200 m dans les Alpes Maritimes, 2 500 m dans les Pyrénées).

Aire de repos : l’Alyte accoucheur réalise son hivernage dans divers abris à sa disposition, ainsi, il peut passer l’hiver dans un mur, un tas de pierre, ou diverses anfractuosités, mais également dans un terrier qu’il aura lui-même creusé ou un terrier vide réalisé par une autre espèce. Il est également capable de creuser dans un sol meuble afin de s’enfouir.

Types d’habitats associés selon les typologies EUNIS et Corine BIOTOPE

Code CORINEIntitulé CORINECode EUNISIntitulé EUNIS
22Eaux douces stagnantesC1Eaux dormantes de surface
24.1Lit des rivièresC2.3Cours d’eau permanents non soumis aux marées, à débit régulier
5Tourbières et maraisDTourbières hautes et bas marais
3Landes, fruticées et prairiesEPrairies ; terrains dominés par des herbacées non graminoïdes, des mousses ou des lichens
4ForêtsGBoisements, forêts et autres habitats boisés

Cycle de vie (alimentation, reproduction, paramètres démographiques...)

Reproduction : l’accouplement et le développement des oeufs ont lieu à terre, ce qui est assez exceptionnel chez les amphibiens de nos régions. Le mâle transporte lui-même les oeufs enroulés autour de ses pattes postérieures pendant trois à sept semaines, les humidifiant régulièrement dans un point d’eau pour permettre aux oeufs de rester hydratés et ainsi permettre leur développement. Les têtards finissent par éclore au cours d’un des mouillages et se métamorphosent dans l’eau. Ce système de reproduction permet aux mâles de s’occuper d’une à trois pontes différentes.

Alimentation : principalement des invertébrés de toutes sortes, des arachnides, diplopodes, gastéropodes… Les larves ont un régime alimentaire carnassier et se nourrissent principalement d’invertébrés aquatiques (cadavres).

Phénologie et périodes de sensibilité

  • Reproduction :
    • Période d'activité principale : avril-mai et août-septembre
    • Période d'activité secondaire  : juin-juillet
  • Aire de repos : toute l'année
  • Alimentation :
    • Période d'activité principale : avril-octobre
    • Période d'activité secondaire : mars et novembre

Comportement (mode de vie, déplacement, domaine vital...)

Aire de déplacement des noyaux de population

Domaine vital : en général, il se limite aux milieux situés à proximité immédiate de l’habitat de ses têtards, dans un rayon d’une centaine de mètres globalement.

Déplacements : les déplacements sont de faible amplitude et s’effectuent en majeure partie entre les sites d’hivernage et les sites de reproduction (généralement 100 à 150 mètres au maximum). Les juvéniles partagent les mêmes abris que les adultes, mais au sein de certaines colonies, on observe un erratisme plus important, qui permet à l’espèce de coloniser de nouveaux biotopes. Ces déplacements dépassent rarement quelques centaines de mètres mais peuvent aller jusqu’à deux kilomètres en particulier en l’absence de biotope favorable proche.

Obstacles : le principal obstacle au déplacement est la fragmentation des paysages, en lien avec les infrastructures linéaires. En effet, les lignes ferroviaires et les routes imposent des discontinuités écologiques empêchant les individus de se déplacer d’un biotope à l’autre. La disparition des biotopes favorables à l’espèce par le comblement des mares, ou la fermeture des milieux est aussi un facteur limitant dans le déplacement des individus.

Réglementation

Arrêté du 19 novembre 2007 : article 2

L’arrêté concernant l’Alyte accoucheur interdit entre autres toute destruction ou perturbation intentionnelle des oeufs et des animaux à tous les stades de développement. La protection de ses habitats (dont les lieux de reproduction) interdit toute intervention sur ces milieux particuliers à l'espèce et tous types de travaux susceptibles de les altérer ou de les dégrader.

Il est également interdit de détenir, de transporter ou de réaliser toute action commerciale avec des individus prélevés dans le milieu naturel.

Listes des amphibiens et reptiles protégés sur l’ensemble du territoire et modalités de leur protection

Directive « Habitats, faune, flore » : annexe IV

L’Alyte accoucheur est une espèce d’intérêt communautaire qui nécessite une protection stricte (annexe IV).

Observation, étude et gestion

Méthodes de détection

L’Alyte accoucheur est une espèce aux moeurs plutôt nocturnes, même s’il peut être observé en pleine journée par temps pluvieux. À l’état adulte, on le rencontre normalement à terre. Il passe l’hiver dans divers abris, souvent en compagnie de congénères et commence à sortir en mars dès que la météo permet sa reproduction.

La principale période de chant et des accouplements se situe d’avril à mai-juin (plusieurs périodes de chants plus intenses alternent avec des accalmies qui correspondent aux moments des pontes).

Informations complémentaires et références

Informations complémentaires

Autres fiches et sources d’information

Autres espèces protégées possédant des habitats similaires

Bibliographie consultée

  • Duguet R. & Melki F. (ed.), 2003 – Les Amphibiens de France, Belgique et Luxembourg. Collection Parthénope, éditions Biotope, Mèze (France). 480 p.
  • Lescure J. & Massary de J.-C. (coords), 2012. – Atlas des Amphibiens et Reptiles de France. Biotope, Mèze ; Muséum national d’Histoire naturelle, Paris (collection Inventaires & biodiversité), 272p.
Périmètre du document
Emprise géographique
Nationale
Zone
France métropolitaine
Langue du document
Français
Cadre réglementaire
Directive Habitat-faune-flore (DHFF)
Milieux
Milieux littoraux
Milieux aquatiques continentaux
Milieux humides
Groupes d'espèces
Amphibiens et reptiles
Domaines d'action
Données et connaissances
Communication et sensibilisation