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GhostMed ou le suivi des engins de pêche fantôme en Méditerranée

Rubrique d'affectation
Date de publication
02/02/2021
Filet sur gorgone (F. Zuberer)

Responsables de piégeages accidentels, les engins de pêche perdus, tels que filets, casiers ou hameçons, altèrent les fonds marins et la mer. Ils constituent aussi un danger pour les usagers et une perte financière pour les pêcheurs. De 2015 à 2020, le projet GhostMed s'est consacré à cette problématique majeure en Méditerranée. Bilan et outils opérationnels sont aujourd'hui disponibles.

Porté par l’Institut méditerranéen d’océanologie (MIO) dont l’Office français de la biodiversité (OFB) est partenaire depuis 2018, le programme GhostMed a 3 objectifs : recenser les engins de pêche perdus, orienter les décisions de leur retrait, analyser leurs impacts et aider à leur gestion.

bilan en quelques chiffres

2021_GhostMed_logo
  • près de 1450 engins de pêche perdus recensés sur la façade méditerranéenne française, dont 127 ont été retirés grâce à différentes initiatives (associations, gestionnaires d’aires marines protégées (AMP), clubs de plongée, MIO, OFB) ces dernières années ;
  • 4 outils développés pour signaler un engin et étudier son retrait : un formulaire, un guide méthodologique complet et sa version simplifiée, une fiche terrain ;
  • 1 carte interactive.

un outil collaboratif de recensement

Afin de répertorier les engins perdus, un formulaire de signalement accessible à tous a été mis en ligne. Pêcheurs, plongeurs, gestionnaires d’AMP et grand public peuvent ainsi renseigner les coordonnées GPS et les informations sur l’état des engins dont ils peuvent avoir connaissance.

Consulter/remplir le formulaire

évaluer l'intérêt du retrait des engins

Destinée aux gestionnaires d’AMP et aux associations qui oeuvrent sur la thématique, une méthodologie a été développée afin d’évaluer l'impact de l'engin sur les milieux et de définir s'il doit être retiré ou s'il peut être laissé sur place.

Pour cela, un indice d’aide au retrait (IAR) a été élaboré sur la base de 4 paramètres :

  • l’impact environnemental : l’habitat impacté par l’engin, sa capacité à pêcher ou non, les espèces piégées
  • l’impact paysager : la présence de l’engin modifie-t-il le paysage ? Crée-t-il un relief ?
  • le risque pour les usagers : y a-t-il des activités de baignade, de pêche ou de plongée dans la zone où est situé l’engin ?
  • les difficultés techniques : la profondeur de l’engin de pêche perdu, son concrétionnement au milieu.

En fonction des notes obtenues pour fixer l’IAR, la décision est prise de retirer (ou non) l’engin.

Consulter les documents finaux

Les outils pour évaluer le retrait d'un engin

Les rapports

Analyse coût-bénéfice environnemental de l’enlèvement des engins de pêche perdus, 2021

Les bénéfices écologiques ne sont pas mesurés en termes de coût économique mais abordés sous plusieurs angles : le coût de la ressource capturée et non capturée, le coût de l’altération des services écosystémiques, le coût du préjudice écologique, les bénéfices de la protection de l’environnement.

La réflexion intègre un volet monétaire s’appuyant sur le retour d'expérience de l’AMP Parc marin de la côte bleue et le marché RECUPMED de prospection et récupération des engins de pêche perdus sur la façade méditerranéenne française mené par la délégation de façade maritime Méditerranée de l’OFB.

 

Suivi de l’effet du retrait d’engins de pêche perdus sur trois sites pilotes de Provence, 2021

Trois sites pilotes où des filets perdus ont été observés ont été choisis en Provence afin de réaliser un diagnostic de l’état de l’écosystème avant et après le retrait du filet perdu. Le protocole de suivi a été établi afin de prendre en compte plusieurs compartiments de l’écosystème et estimer le bénéfice écologique du retrait du filet.

 

Et pour la suite ?

 2021_GhostMed_photo Méditerranée
(C. Marc)

D'ici 2022, le formulaire et la carte interactive seront remplacés par un outil de cartographie en ligne (en cours de développement par le MIO et l'OFB) qui permettra de pointer le signalement directement sur la carte.

Stockées dans une base de données unique, toutes les données seront mises à disposition des gestionnaires d’AMP qui pourront ainsi gérer les engins de pêche perdus sur leurs territoires.

Actuellement déployé sur la façade Méditerranée française, l’objectif est d’étendre le dispositif à l’ensemble du bassin méditerranéen et de le décliner à d’autres façades maritimes françaises.

En savoir plus

Site du projet GhostMed

Contact OFB : Anne Salvado, chargée de mission à la délégation de façade maritime Méditerranée - anne.salvado (a) ofb.gouv.fr

(Ré)écouter le podcast de l'interview d'Anne Salvado sur le projet GhostMed (6'57)