Les mesures naturelles de rétention des eaux (MNRE) au service de la ressource en eau et de la biodiversité

Les mesures naturelles de rétention d’eau visent à ralentir l’écoulement de l’eau de surface et à favoriser son infiltration, en s’appuyant sur les capacités naturelles des sols et des écosystèmes. Quel est leur intérêt ? Quelles sont les différences avec les solutions fondées sur la nature (SFN) ? Quels outils existent pour faciliter leur déploiement. Définitions, arguments, exemples concrets, évaluations... aideront à les promouvoir auprès des professionnels des secteurs agricole, forestier, urbain et de l’aménagement du territoire.

Image
Exemples de mesures naturelles de rétention des eaux (Graphies pour OFB)

Que sont les mesures naturelles de rétention des eaux ?

Les MNRE sont des réponses pertinentes aux défis liés à l’eau (risque d’inondation, sécheresses, etc.) qui apportent de nombreux co-bénéfices : gains pour la biodiversité, cadre de vie, amélioration de la qualité de l’eau, etc.

Le travail mené de 2012 à 2014 dans le cadre du projet européen Natural Water Retention Measures (NWRM) a mobilisé une quarantaine d’experts sur les différentes composantes du concept et a permis d'aboutir à une définition assez large couvrant 53 mesures, elles-même combinables. Elles peuvent être réalisées sur l’occupation du sol ou sur le réseau hydrographique en contexte agricole, forestier et urbain.

Objectifs des MNRE

Pour répondre aux besoins de l’aménagement du territoire et de la prévention des risques naturels, le génie civil classique dispose d’une palette d’infrastructures largement éprouvées et utilisées. La mise en œuvre de ces techniques vise généralement à répondre de manière efficace et optimale à un enjeu précis. Ces techniques ont toutefois montré leurs limites dans certains cas, notamment parce qu’elles peuvent s’accompagner d’effets négatifs sur les écosystèmes naturels ou conduire à un déplacement du risque plutôt qu’à sa réelle réduction.

Des leviers pour favoriser leur mise en œuvre existent mais pourraient être davantage mobilisés en vue d’une gestion durable de l’eau.

À noter

Le concept de MNRE est promu en Europe par la Direction générale environnement de la Commission européenne, et reconnu comme faisant partie des éléments à développer pour l’application de la directive cadre sur l’eau (DCE).

Comparaison des MNRE et des SFN

Image
 Schema comparatif entre MNRE et SFN

Les MNRE et les solutions fondées sur la nature (SFN) sont des approches similaires qui visent à répondre à des enjeux de société tout en préservant, voire en restaurant la nature, en faisant appel aux savoirs de l’ingénierie écologique. Grâce à leur multifonctionnalité, ces solutions peuvent s’avérer moins coûteuses et plus durables que les approches classiques de prévention des risques naturels.

Les différences entre les deux approches

  • L’objectif des MNRE est d’obtenir des bénéfices pour la ressource en eau, elles peuvent donc avoir des bénéfices faibles, voire neutres pour la biodiversité, alors que les SFN s’accompagnent toujours d’un bénéfice net pour la biodiversité,
  • Les MNRE peuvent être déployées très localement, ce qui n’est pas le cas des SFN qui se conforment au standard de l’UICN,
  • Certaines SFN peuvent n’avoir aucun effet sur la rétention d’eau dans le bassin versant.

Voir la note explicative entre les deux approches

Mise en œuvre

Changement de pratiques, réalisation de travaux de génie écologique, mise en place d’infrastructures artificielles... les 53 actions permettent de favoriser les processus naturels de rétention, de ralentissement ou d'infiltration des eaux de surface (voir les exemples). Des leviers réglementaires, financiers et politiques sont disponibles et mobilisables pour répondre à plusieurs défis climatiques (voir les outils d’aide).

Exemples concrets en France et ailleurs

Outils d’aide

Les mesures naturelles de rétention d’eau (MNRE). Des actions multi-bénéfices pour répondre aux défis liés à l’eau - n°72 | Rencontres | mai 2020

Les mesures naturelles de rétention d’eau englobent de nombreuses actions visant la restauration des propriétés naturelles des écosystèmes pour ralentir le ruissellement de l’eau en surface et augmenter les capacités d’infiltration dans les sols. Les retours d’expériences français mettent en évidence les multiples bénéfices de ces actions.

Rencontres72_2020_MNRE_couv