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Sagir, le réseau de surveillance des maladies de la faune sauvage

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Collecte de cadavre et commémoratifs à l’aide de la fiche Sagir (J. Pradel/OFB)

Le réseau Sagir est un dispositif national de surveillance épidémiologique dédié à la faune sauvage (oiseaux et mammifères principalement). Il a pour but de détecter précocement l’émergence de maladies qui peuvent affecter la conservation des espèces, la santé des animaux domestiques, la santé humaine, l’économie des filières agricoles ou qui peuvent indiquer la dégradation de la qualité de l’environnement.

Pour assurer la surveillance épidémiologique des oiseaux et mammifères sauvages, le réseau Sagir s’appuie sur la détection de signaux anormaux de mortalité et le diagnostic des causes de mortalité.

Objectifs

  • Détecter précocement l’apparition de maladies nouvelles quelle qu’en soit la cause (infectieuse, parasitaire, toxicologique, traumatique, immunitaire, etc.) sur le territoire ou pour une espèce donnée (franchissement de barrière d’espèce, changement de virulence, etc.) et décrire les processus morbides et épidémiologiques
  • Détecter les agents infectieux transmissibles à l’homme et/ou partagés par la faune sauvage et les animaux domestiques
  • Caractériser dans le temps et dans l’espace les maladies des oiseaux et des mammifères sauvages à enjeu pour la santé des populations sauvages et domestiques ou pour la santé humaine
  • Surveiller les effets aigus non intentionnels de l’utilisation agricole des produits phytopharmaceutiques sur les oiseaux et mammifères sauvages.

L’acquisition de ces données contribue :

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Autopsie de chevreuil collecté par le Sagir (G.Reynaud/LDAV73/CD 73)
  • à l’évaluation et la gestion des risques de propagation des agents infectieux et des transferts de toxiques dans la faune sauvage. Il s’agit là de répondre aux enjeux de santé animale, de santé publique et de conservation des espèces reliés dans le concept « une seule santé » ;
  • à identifier les maladies à enjeu pour la préservation ou la gestion des populations sauvages ;
  • à alimenter la recherche en épidémiologie, écotoxicologie ou écologie.

Quelques chiffres

  • Environ 2300 évènements investigués par an dont 150 font l’objet d’analyses toxicologiques ;
  • 50 composés toxiques régulièrement recherchés dont des insecticides (carbamates/néonicotinoïdes), des rodenticides (anticoagulants AVK) ou des métaux (plomb, cadmium, mercure…) ;
  • Plus de 200 espèces surveillées dont 15 % d’espèces patrimoniales, éventuellement sous plans nationaux d’action.
Logo-sagir

Fonctionnement

Administré par l’Office français de la biodiversité (OFB), le réseau Sagir repose sur un partenariat avec les fédérations de chasseurs et les laboratoires vétérinaires départementaux (LVD). Il existe dans sa forme actuelle depuis 1986 et couvre la France métropolitaine et l’Outre-mer. Il collabore aussi avec les terres australes et antarctiques françaises (Taaf) pour la surveillance événementielle de la faune sauvage.

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Test diagnostic en laboratoire (J.Pradel/OFB)

Les intervenants du réseau

Pour les constats d’animaux morts, le réseau s’appuie sur des observateurs de terrain, coordonnés par deux interlocuteurs techniques départementaux, l’un au sein de la Fédération départementale des chasseurs (FDC) et l’autre au sein du service départemental de l’OFB.

Pour le diagnostic de l’origine de la mort, le réseau s’appuie sur un réseau de proximité (LVD) et sur des laboratoires spécialisés et les laboratoires de référence (Anses, Institut Pasteur...)


3 types de surveillance complémentaires

Une vigilance opportuniste, de type évènementiel, généraliste et continu

Il s’agit de détecter des signaux de mortalité/morbidité anormaux, sans présumer de l’étiologie. La mise en évidence d’un agent pathogène ne résulte pas d’un dépistage systématique, mais d’une démarche diagnostique pour déterminer les processus ayant abouti à la mort des animaux.

Des « cas audiovisuels »

Ce sont des photos ou vidéos, transmises par les interlocuteurs techniques du réseau, dans le cas d’animaux viables ou non transportables mais qui présentent des signes cliniques marqués. Le diagnostic est alors différentiel et hiérarchisé.

Une surveillance renforcée dans certaines conditions (lorsqu’un problème sanitaire émerge par exemple)

L’échantillon des animaux collectés est alors harmonisé, renforcé et ciblé sur le risque. Sont identifiés par exemple :

  • des espèces d’intérêt, par exemple les oiseaux d’eau pour l’influenza aviaire hautement pathogène, les corvidés pour le virus du Nil occidental, les sangliers et les blaireaux pour la tuberculose ;
  • des zones à risque, par exemple les zones humides des couloirs de migration pour l’influenza aviaire hautement pathogène, le pourtour méditerranéen pour le virus du Nil occidental ;
  • des périodes à risque, par exemple les périodes de migration des canards plongeurs pour la surveillance des virus de l’influenza aviaire hautement pathogènes.

Collaborateurs

Laboratoires spécialisés (Anses, ToxLab-VetAgroSup), experts (Pôle d’expertise vétérinaire et agronomique-VetAgroSup), équipes de recherche académique, associations de protection de la nature (SFEPM, Conservatoires d’Espaces Naturels, LPO...), autres réseaux de surveillance (Smac, Parcs nationaux/réserves naturelles des Taaf…).

 

Contacts

E-mail : sagir (a) ofb.gouv.fr

Adresse : Saint-Benoist - BP 20, 78612 Le Perray-en-Yvelines

Nouveautés

Point sur le foyer de brucellose dans le massif du Bargy

En 2012, un foyer de brucellose a été mis en évidence dans une population de bouquetins du massif du Bargy (Haute-Savoie), suite à la découverte de 2 cas humains. Une surveillance épidémiologique et des mesures de lutte ont été mises en œuvre, ainsi que des travaux de recherche afin d'optimiser l'efficacité des actions sans mettre en danger la population de bouquetins. La situation en 2021 s’est nettement améliorée mais les mesures restent nécessaires pour tendre vers l’extinction du foyer.

[Dossier en accès libre] Peste porcine africaine : bilan après 2 ans de lutte à la frontière franco-belge

La peste porcine africaine (PPA) est une maladie virale mortelle affectant les suidés (sanglier, porc). Elle n’est pas transmissible à l’homme. Ce dossier publié dans la revue Faune sauvage n°328 fait le bilan des 2 années de lutte qui ont été menées de manière inédite et avec succès à la frontière franco-belge, afin de préserver la France et son statut indemne vis-à-vis de la PPA.

Sagir infos - Lettre n° 188

Dans le contexte exceptionnel de la pandémie de Covid-19, les activités du réseau Sagir ont dû être adaptées pour préserver la santé de tous, tout en conservant une vigilance minimum sur les maladies prioritaires et les événements remarquables.