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Le réchauffement climatique : des impacts majeurs sur la biodiversité

De nombreux travaux scientifiques prédisent que le réchauffement climatique a, et aura, des impacts majeurs sur la biodiversité. Selon leurs capacités d’adaptation, les espèces animales et végétales ont des réponses très différentes.

Les parcs nationaux, de par leur étendue, leurs contextes géographiques, climatiques et géomorphologiques variés, sont des territoires privilégiés pour étudier ce phénomène. C’est particulièrement le cas des parcs nationaux alpins et pyrénéen en raison du relief et de la présence d’espèces reliques glaciaires, les plus sensibles à une hausse des températures.

En raison de leur rôle dans la chaine trophique, les changements de populations d’insectes pourraient quant à eux avoir des répercussions plus larges sur les écosystèmes. Etudier les aires de distribution actuelles des espèces et de communautés et prédire leurs changements face au réchauffement climatique sont des étapes nécessaires pour proposer des mesures de gestion adaptées. 

Travaux en cours

Changement de distribution du lièvre variable et du lièvre d’Europe dans les Alpes en lien avec le réchauffement climatique (PNx de la Vanoise, du Mercantour et des Ecrins)

Lièvre variable
Lièvre variable (© M. Mollard, PNV)

Authentique espèce artico-alpine, le Lièvre variable (Lepus timidus) vit dans les Alpes en populations reliques isolées en moyenne et haute altitude. Son aire de distribution devrait se contracter avec l’élévation des températures, isolant davantage les populations. Les populations de basse à moyenne altitude pourraient ainsi disparaître dans les prochaines décennies.

Le Lièvre européen (Lepus europaeus) pourrait quant à lui profiter de l’augmentation des températures et étendre son aire de distribution plus en altitude, entrainant des phénomènes de compétition ou d’hybridation avec le lièvre variable.

Le lièvre variable est difficile à observer : nocturne, discret, il se fond dans le milieu avec son pelage. Le développement des techniques génétiques (ADN environnemental) permet aujourd'hui l'identification des espèces et des individus à partir de fèces récoltées sur le terrain. 

Pour étudier les changements de distribution des deux espèces à moyen et long terme, des crottes sont collectées le long d'un gradient altitudinal et dans différents contextes bioclimatiques. La stratégie d'échantillonnage repose sur des cartes de prédiction de présence des deux espèces modélisées à partir de données collectées depuis plusieurs années par les agents de terrain. 

Premiers résultats attendus en août 2020

Changement de distribution des communautés d’orthoptères dans les Alpes en lien avec le réchauffement climatique (PNx du Mercantour et des Ecrins)

Les orthoptères (criquets, sauterelles, etc.) ont un rôle important dans les écosystèmes. Phytophages, ils peuvent consommer d’importants volumes d’herbes. Par ailleurs, ils représentent une ressource alimentaire essentielle pour de nombreuses d’espèces, d'oiseaux notamment. 

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Capture d’orthoptères au filet-fauchoir (T. Couturier)
Capture d’orthoptères au filet-fauchoir (© T. Couturier)

Certaines espèces sont généralistes, d’autres inféodées aux climats méditerranéens ou montagnards, ce sont donc de bons modèles d'étude pour étudier les effets du réchauffement climatique à large échelle. 

Plusieurs techniques permettent de relever la présence ou l’absence des espèces : reconnaissances auditives (stridulations), observations visuelles et captures au filet fauchoir.  

Des stations de suivi disposées à différentes altitudes permettent d’étudier les changements à long terme dans les cortèges d’orthoptères. La comparaison avec des données historiques collectées dans les années 1960 et 1980 fournit les premières mesures de ces évolutions. 

Premiers résultats attendus en juin 2020


Changement de distribution de la marmotte des Alpes (PN du Mercantour)

La marmotte des Alpes (Marmotta marmotta) est une espèce relativement commune et emblématique de la faune alpine. Elle joue un rôle majeur dans la chaîne trophique des écosystèmes supra-forestiers.

Cette espèce est inféodée aux milieux ouverts d’altitude qui sont le siège de multiples pressions et mutations. L’augmentation des températures moyennes et la réduction du manteau neigeux (durée et épaisseur) peuvent fragiliser l’espèce. Les effets du changement climatique pourraient ainsi être particulièrement forts sur leur dynamique et distribution, notamment sur les populations situées en marge d’aire de distribution : limites méridionales et basses altitudes. A cela s’ajoutent des menaces liées aux épizooties, aux pressions touristiques et pastorales ou encore à la dynamique forestière.

Pour étudier les changements de distribution de cette espèce à moyen et long terme, des relevés en présence-absence basés sur des observations visuelles et auditives (cris d’alarme) et la recherche d’indices de présence (terriers notamment) seront collectées sur l’emprise du PN du Mercantour. La stratégie d’échantillonnage reposera sur des cartes de prédiction de présence modélisées à partir de données collectées depuis plusieurs années par les agents de terrain. Le protocole ainsi élaboré pourra être déployé sur d’autres massifs montagneux où l’espèce est présente.

Premiers résultats attendus en 2021

Suivi temporel et spatial des chenilles d’Apollons sur les Causses (PN des Cévennes)

L’Apollon (Parnassius apollo) exige des espaces ouverts, pelouses ou éboulis ensoleillés entre 600 à 2 500 mètres d’altitude. Ce papillon a vu ses populations françaises régresser, voire disparaître sur certaines parties du territoire national ces dernières décennies, potentiellement en raison des changements climatiques. L’évolution des pratiques pastorales pourrait également expliquer une partie de ce déclin, notamment sur les causses méridionaux.

Un protocole de dénombrement de chenilles sur les dalles à orpin dans le Parc national des Cévennes permet de renseigner les changements de répartition de cette espèce sur le long terme et à en identifier les causes. Certaines mesures pour maintenir les populations relictuelles pourraient être encouragées. 

Premiers résultats attendus en octobre 2020

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Chenille d’Apollon sur une dalle à orpin - T. Couturier