Site français  Site anglais

Gestion des impacts du lynx

Protection des troupeaux

Une prédation ciblée et à un niveau maîtrisé

Le lynx est un carnivore strict qui consomme prioritairement des proies sauvages. Des prédations sur les troupeaux domestiques de petits ruminants sont constatées, mais restent relativement rares. Les taux de déprédation les plus élevés sont observés en Scandinavie dans des zones où les rennes semi-domestiques et les moutons sont en élevage extensif, sans gardiennage, dans des habitats forestiers et en montagne, et où les proies sauvages sont en faibles densités. Dans les massifs des Alpes et du Jura, les prédations concernent quasi-exclusivement des moutons et des chèvres. La majorité des prédations se concentrent sur des exploitations qui combinent des facteurs de risque plus élevés (proximité de la forêt, protection des troupeaux absente ou inadaptée, spécialisation de certains lynx sur les proies domestiques).

Lynx_35_predation-ovin_ONCFS-SD39
Prédation d’un lynx sur un ovin (ONCFS SD 39)

La protection des troupeaux passe par diverses mesures : installation de parcs électrifiés, achat de chiens de protection, gardiennage. Le niveau des aides, octroyées par l'État, dépend du niveau de prédation constaté sur les élevages.

Un cadre dérogatoire au statut d’espèce protégée

Un protocole dérogatoire conduisant au prélèvement d’un lynx dans des conditions de prédation importante a été défini en 2001 (voir bulletin du réseau n°8), et prévoyait des mesures d’intervention graduelles (de la simple indemnisation financière, à la mise en œuvre de mesures de réduction du risque d’attaque, puis aux conditions d’enlèvement de l’animal).
9 lynx ont été légalement piégés de 1989 à 1999, dont 3 capturés vivant et transférés en zoo. La dernière capture et euthanasie date de 2006.

Constats et indemnisations

Lorsqu’un éleveur subit une attaque et qu’un animal domestique a été blessé ou tué par un prédateur, l’éleveur doit procéder à une déclaration d’attaque auprès des services de la direction départementale des Territoires (DDT).
À l’issue de cette déclaration, un constat d’attaque sera réalisé in situ par un agent habilité. Ce relevé d’informations est réalisé par un agent de l’OFB ou des espaces naturels qui vient constater les éléments techniques disponibles (morsures, consommation…).
La décision d’indemniser une attaque relève ensuite de l’instruction technique et administrative du constat de dommage par les services de l’État. Le constat est donc transmis à la DDT qui procède à l’instruction du dossier et déclenche l’indemnisation du dommage si la prédation du lynx n’est pas exclue.
Les dommages aux troupeaux domestiques imputables au lynx font l’objet d’une procédure d’indemnisation encadrée par un décret et un arrêté ministériel publiés en juillet 2019. Ils harmonisent les barèmes et révisent les conditions d’indemnisation des attaques des trois carnivores (le loup, l’ours et le lynx).
Les prédations attribuées au lynx sont indemnisées au même titre que celles du loup ou de l’ours. Sauf exception, à compter de la 5ème attaque sur une période de 2 ans, l’indemnisation est subordonnée à la mise en place de moyens de protection.
Sur les 20 dernières années en France, les tendances sont relativement stables avec en moyenne 140 animaux par an (correspondant à 90 attaques par an) qui sont indemnisés au titre du lynx.

Aller plus loin : page de la Dreal Auvergne-Rhône-Alpes dédiée à l’indemnisation des dommages